Kinshasa et la Banque mondiale ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Mardi, les deux partenaires ont convenu d’accélérer la mise en œuvre du Projet de facilitation du commerce et d’intégration dans la région des Grands Lacs (PFCIGL), un programme stratégique destiné à booster les échanges entre la RDC et ses voisins, malgré un contexte sécuritaire toujours préoccupant dans l’est du pays.
Une urgence économique face aux obstacles persistants
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a insisté sur la nécessité d’un déploiement rapide du PFCIGL. Pour lui, l’enjeu est clair : transformer les opportunités économiques en résultats tangibles pour les populations qui vivent des échanges transfrontaliers.
L’actuel ralentissement du commerce entre la RDC, le Burundi et le Rwanda — dû notamment aux lourdeurs administratives, aux mauvais états des infrastructures et aux risques sécuritaires — prive les communautés locales de revenus essentiels. D’où l’appel à « lever les goulots d’étranglement » qui freinent la circulation des biens et des personnes dans cette zone stratégique.
La Banque mondiale confirme son soutien
Représentant le directeur pays, Patrice Savadogo, spécialiste principal des forêts, a exposé l’approche multisectorielle que la Banque mondiale applique à ce projet d’intégration régionale. L’institution promet de poursuivre son appui technique et financier pour respecter les délais fixés.
Un projet structurant pour dynamiser les échanges
Doté d’une enveloppe de 152 millions de dollars — dont un crédit et un don IDA de 76 millions chacun — le PFCIGL se concentre sur trois piliers essentiels :
Modernisation des infrastructures frontalières, notamment le poste de Kavimvira, clé pour fluidifier les flux commerciaux ;
Réduction des obstacles administratifs et non tarifaires, via la simplification des procédures douanières ;
Soutien ciblé aux chaînes de valeur agricoles et à l’agrobusiness, afin de renforcer les capacités d’exportation des petits commerçants et des producteurs.
Un pari économique dans une zone instable
L’un des points sensibles abordés lors de la réunion est la nécessité de poursuivre le projet malgré l’insécurité chronique dans l’est de la RDC. C’est pourtant dans cette région, à la fois riche en opportunités économiques et minée par les conflits armés, que se concentrent les interventions du PFCIGL.
Accélérer sa mise en œuvre est perçu comme un acte de résilience économique : renforcer les infrastructures, faciliter le commerce légal et offrir des débouchés économiques alternatifs peut contribuer à réduire l’attractivité des activités illicites et soutenir une stabilisation progressive.
Pour minimiser les risques, les partenaires envisagent notamment la supervision à distance et la réorganisation ponctuelle de certaines activités.
Un signal politique fort
Au-delà des aspects techniques, l’accord entre Kinshasa et la Banque mondiale envoie un message clair : l’intégration économique régionale demeure une priorité, même en contexte de crise. Le PFCIGL devient ainsi un test de la capacité du pays à transformer les défis sécuritaires en moteur pour un développement durable et inclusif.
En accélérant ce projet phare, la RDC espère poser les bases d’un commerce transfrontalier plus fluide, plus sécurisé et plus profitable aux millions de citoyens qui vivent des échanges dans la région des Grands Lacs.
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