Malgré l’ambition affichée par DRC Gold Trading d’exporter jusqu’à 18 tonnes d’or artisanal par an, la République démocratique du Congo (RDC) reste en retrait par rapport aux principaux producteurs d’or de la région. À l’issue de sa réunion annuelle d’évaluation du 9 janvier 2025, l’entreprise publique a annoncé l’ouverture prochaine de nouvelles succursales à Mbujimayi et à Kinshasa d’ici fin mars 2026, dans l’objectif de porter à dix le nombre de ses implantations opérationnelles.
Depuis le lancement de ses activités début 2023, DRC Gold Trading a exporté environ 10 tonnes d’or artisanal. Un volume encore modeste comparé aux performances des pays voisins. En Afrique de l’Est et centrale, la Tanzanie exporte plus de 50 tonnes d’or par an, tandis que le Ghana, leader continental, dépasse les 100 tonnes annuelles, dont une part significative issue de l’exploitation artisanale formalisée.
La situation sécuritaire dans l’est de la RDC continue de peser lourdement sur la performance du secteur. La fermeture de la succursale de Bukavu depuis mars 2025, à la suite de l’occupation de la ville par les rebelles de l’AFC/M23, a fortement affecté les exportations légales. Entre 2023 et 2024, cette antenne concentrait plus de 90 % des volumes exportés, avec une moyenne mensuelle de plus de 420 kg en provenance du Sud-Kivu.
Pour compenser cette perte, DRC Gold Trading s’appuie désormais sur le Maniema. La succursale de Kindu affiche une moyenne d’environ 114 kg exportés par mois, faisant de la province la première zone exportatrice du pays. À la fin du troisième trimestre 2025, le Maniema représentait 34 % des exportations nationales d’or artisanal, soit 683,67 kg, selon les données officielles de la Cellule technique de coordination et de planification minière.
Comparée aux modèles régionaux, la stratégie congolaise reste en construction.
Le Ghana et la Tanzanie ont mis en place des mécanismes de traçabilité plus avancés, une présence étatique renforcée dans les zones minières et des circuits d’achat centralisés, limitant les flux illicites.
En RDC, la réussite du plan de DRC Gold Trading dépendra de la sécurisation des zones de production, de l’extension rapide du réseau de succursales et de la capacité de l’État à capter une part plus importante de la rente aurifère face à la contrebande régionale.
Rédaction



