Actif en Afrique sur plusieurs minéraux stratégiques, du cobalt au cuivre, le géant suisse Glencore avance avec prudence dans un environnement sous tension. Ses nouvelles perspectives de production arrivent alors que le prix du métal rouge continue de grimper.
Dans un rapport publié jeudi 29 janvier, la compagnie minière Glencore assume une inflexion claire en faveur du cuivre, tout en reconnaissant de fortes incertitudes sur le cobalt qu’elle produit principalement en République démocratique du Congo (RDC). Elle a émis des prévisions de production pour le métal rouge, sans en donner pour le cobalt.
Selon les détails fournis, Glencore s’attend à produire entre 810 000 et 870 000 tonnes de cuivre pour l’exercice 2026. A titre de comparaison, elle a déclaré une production de 851 600 tonnes pour 2025, performance en baisse en glissement annuel, même si la société a enregistré des améliorations au second semestre.
D’après son directeur général Gary Nagle, la production de cuivre sur la seconde moitié de l’année passée a dépassé 500 000 tonnes, soit près de 50% de plus qu’au premier semestre. Cette progression est attribuée à de meilleures teneurs et à des taux de récupération plus élevés sur plusieurs actifs clés, y compris en RDC.
« Lors de notre Capital Markets Day au quatrième trimestre 2025, nous avons présenté des perspectives révisées et élargies concernant notre portefeuille d’actifs cuivre, en traçant une trajectoire visant à faire évoluer Glencore, déjà producteur majeur de cuivre, vers le rang des plus grands producteurs mondiaux au cours de la prochaine décennie », a indiqué M. Nagle.
Pour le cobalt, la société évoque le système de quotas en vigueur en RDC et qui l’empêche d’exporter la production de ses sites « au-delà des volumes autorisés ». « Dans ce contexte, le cobalt contenu dans des minerais mixtes peut être maintenu à l’état de solution, et donc ne pas être comptabilisé comme production, plutôt que transformé en hydroxydes de cobalt, afin de limiter les coûts de traitement à proximité des sites », indique le rapport.
Tendance haussière pour le cuivre
Ces prévisions de Glencore interviennent alors que le prix du cuivre a franchi jeudi le seuil de 14 000 dollars la tonne à Londres, établissant un record à plus de 14 500 dollars (12 150 euros environ). Avec une hausse de 11%, le métal rouge enregistre sa plus forte progression journalière depuis la crise financière de 2008.
Selon plusieurs analyses concordantes, cette envolée est en grande partie alimentée par des flux spéculatifs et des opérations de couverture de positions vendeuses, dans un contexte où de nombreux investisseurs cherchent des actifs physiques pour se protéger contre l’affaiblissement du dollar et les tensions géopolitiques.
Si la dynamique actuelle se poursuit, le cuivre pourrait atteindre 15 000 dollars la tonne plus vite que prévu par certains analystes. Goldman Sachs prédisait par exemple que ce cap serait franchi en 2035, en raison d’une demande supérieure à l’offre à partir de 2029. La banque anticipe une progression soutenue de la consommation, portée par plusieurs facteurs comme les investissements dans les réseaux et infrastructures électriques à l’échelle mondiale. Pour Neil Welsh, analyste chez Britannia Global Markets, ces éléments contribuent déjà à la dynamique actuelle des prix. À plus long terme, le cuivre bénéficie de perspectives structurellement favorables, du fait de son importance pour la transition énergétique.
Pour Glencore, si des cours élevés peuvent soutenir la valeur de ses actifs et sa trajectoire annoncée, la volatilité actuelle des marchés et le poids de la spéculation limitent la visibilité à moyen terme. Les prochains développements du marché du cuivre, ainsi que l’évolution du cadre réglementaire en RDC, seront déterminants pour apprécier les enjeux économiques auxquels le groupe est confronté.
Agence Ecofin



