L’impact du conflit dans l’est de la RDC se fait désormais sentir sur les résultats des institutions de microfinance. Les rapports Pilier III du premier semestre 2025 montrent un basculement du bénéfice à la perte pour SMICO et FINCA RDC, dans un contexte de perturbations économiques liées à l’insécurité.
Chez SMICO, le résultat net passe de 6,01 milliards CDF en 2024 à 1,29 milliard CDF à fin juin 2025, tandis que le produit net financier chute de 57 %. Deux agences restent fermées après les affrontements à Goma et Bukavu, et celle d’Uvira fonctionne partiellement. Le portefeuille à risque (PAR 30) s’est fortement dégradé à 13,65 %, et les dépôts ont reculé de 22 %.
La situation est similaire pour FINCA RDC, dont le résultat net est passé de 15,99 milliards CDF à 139 millions CDF. Le produit net financier a été divisé par deux. L’institution a fermé ses agences dans les zones affectées, tout en maintenant des dépôts relativement stables. En revanche, les créances à risque ont presque triplé, pesant sur la rentabilité.
Au-delà de ces deux acteurs, l’insécurité et l’interdiction des activités financières dans les zones sous contrôle de AFC/M23 perturbent les flux de liquidité et accroissent le risque de crédit.
Face au choc, les deux institutions misent sur le redéploiement vers des villes plus stables et sur la digitalisation pour maintenir l’accès aux services financiers.
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