La République démocratique du Congo a officiellement lancé, mardi 18 mars 2026 à Kolwezi, un programme de modernisation des systèmes commerciaux le long du corridor de Lobito, un axe stratégique pour l’exportation des minerais critiques. Soutenue par l’Union européenne dans le cadre de l’initiative Global Gateway et mise en œuvre par TradeMark Africa, cette réforme ambitionne de rendre les échanges plus fluides, transparents et compétitifs.
La simplification des procédures douanières, l’amélioration de la coordination entre les services publics et la digitalisation des formalités liées à l’exportation, sont au cœur de ce dispositif. L’objectif est de lever les goulots d’étranglement administratifs qui ralentissent encore la circulation des ressources minières congolaises vers les marchés internationaux.

Le corridor de Lobito, qui relie les zones minières de la RDC et de la Zambie au port angolais de Lobito via le chemin de fer de Benguela, constitue une infrastructure clé pour les chaînes d’approvisionnement mondiales. Long de plus de 1 300 kilomètres, il offre l’un des itinéraires les plus courts entre la ceinture de cuivre d’Afrique centrale et l’océan Atlantique, selon la Banque africaine de développement. Dans un contexte où la RDC assure environ 70 % de la production mondiale de cobalt, l’optimisation de ce corridor revêt une importance stratégique pour les industries des batteries et des véhicules électriques.
Le programme pilote débute à Kolwezi, centre névralgique des exportations minières du pays, où se concentrent les opérations de certification, de traçabilité et de dédouanement. Les premières actions portent sur la rationalisation des exigences documentaires et l’interconnexion des systèmes administratifs. À mesure que les infrastructures ferroviaires seront modernisées, la réforme sera progressivement étendue à l’ensemble du corridor.
Pour les autorités congolaises, l’enjeu dépasse la seule logistique. Il s’agit de renforcer la compétitivité des exportations nationales dans un environnement international de plus en plus exigeant. « Le corridor de Lobito représente une voie essentielle pour nos exportations minières. Cette initiative contribuera à rendre les procédures plus prévisibles et transparentes », a indiqué une représentante du secteur lors du lancement.
Dans la province du Lualaba, épicentre de l’activité minière, les attentes sont élevées. Les autorités locales misent sur une meilleure connectivité régionale pour stimuler la croissance, attirer davantage d’investissements et soutenir l’emploi.
À terme, cette réforme devrait permettre de réduire significativement les délais et les coûts liés aux exportations, tout en consolidant l’intégration économique entre la RDC, l’Angola et la Zambie. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de repositionnement des corridors africains au cœur des échanges mondiaux, portée par les investissements massifs annoncés dans le cadre de Global Gateway, qui prévoit jusqu’à 300 milliards d’euros pour les infrastructures durables entre 2021 et 2027.
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