Dans une déclaration au ton ferme, faite ce lundi 20 avril, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) appelle à la démission immédiate des dirigeants de la Société nationale d’électricité (SNEL), dénonçant au passage une « faillite de gouvernance » dans un secteur pourtant stratégique pour le pays.
À l’initiative de cette sortie médiatique, Jonas Tshiombela, coordonnateur de la NSCC, pointe le paradoxe d’un pays aux ressources énergétiques abondantes mais confronté à des pénuries chroniques d’électricité. « Comment comprendre qu’un pays doté du fleuve Congo et du complexe d’Inga, capable d’alimenter une grande partie de l’Afrique, plonge sa propre capitale dans l’obscurité ? », s’interroge-t-il.
Selon la société civile, la SNEL ne remplit plus sa mission de service public. Malgré le paiement régulier des factures par les abonnés, les coupures intempestives se multiplient, affectant tant les ménages que les activités économiques. Des quartiers entiers de Kinshasa restent plongés dans le noir, avec pour conséquence des pertes matérielles et une paralysie de certaines entreprises.
La question de la transparence financière est également au cœur des critiques. La NSCC dénonce une opacité persistante dans la gestion des fonds liés à l’éclairage public, alors même que ce service est jugé quasi inexistant dans plusieurs zones urbaines. « Où va cet argent ? Qui en bénéficie réellement ? », s’interroge Jonas Tshiombela, dénonçant le silence des autorités compétentes.
Au-delà des désagréments quotidiens, la société civile établit un lien direct entre le déficit d’éclairage public et la montée de l’insécurité dans la capitale. Les rues plongées dans l’obscurité favoriseraient les actes de criminalité, accentuant le sentiment d’abandon chez les citoyens.
Face à cette situation jugée intenable, la NSCC estime qu’il est désormais « légitime d’exiger des responsabilités ». Elle appelle ainsi à un changement immédiat de leadership à la tête de la SNEL, au nom de la redevabilité et du respect des usagers.
L’organisation invite par ailleurs les Congolais à une mobilisation citoyenne pacifique pour réclamer des réformes en profondeur dans la gestion de l’entreprise publique. Parmi les revendications figurent la transparence dans l’utilisation des fonds, l’amélioration de la qualité du service et la fin de l’impunité.
« Trop, c’est trop. Le peuple congolais mérite la lumière, au sens propre comme au figuré », conclut la déclaration, qui pourrait relancer le débat sur la gouvernance des entreprises publiques en République démocratique du Congo.
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