En un seul mois, l’État congolais a dépensé 4.674,5 milliards de francs congolais. Derrière ce chiffre colossal se cachent principalement les salaires des agents publics, les frais de fonctionnement des institutions ainsi que les paiements complémentaires accumulés des mois précédents. Alors que les recettes publiques affichent une progression encourageante, la pression des dépenses continue de peser lourdement sur les finances de la République démocratique du Congo.
Selon la note de conjoncture économique d’avril de la Banque centrale du Congo, les dépenses publiques exécutées au cours du mois d’avril ont été dominées par la paie des agents et fonctionnaires de l’État, ainsi que par des rappels de paiement estimés à 2.175 milliards de CDF.
Cette forte consommation budgétaire intervient dans un contexte où le gouvernement tente de maintenir l’équilibre des finances publiques tout en répondant aux nombreuses charges de l’État.
Des recettes en hausse au-delà des prévisions
Face à ces dépenses importantes, les régies financières ont néanmoins affiché des performances jugées satisfaisantes.
Au premier quadrimestre 2026, les recettes publiques ont atteint 10.430,2 milliards de CDF, contre des prévisions de 10.192,9 milliards, soit un taux de réalisation de 102,3 %. Pour le seul mois d’avril, les services de mobilisation ont recouvré 4.867,7 milliards de CDF, dépassant les assignations fixées à 4.462,7 milliards.
La tendance des dépenses reste soutenue même au début du mois de mai. Au 7 mai 2026, les dépenses de l’État étaient déjà évaluées à 822,6 milliards de CDF.
Ces décaissements concernent notamment les frais de fonctionnement des institutions et ministères, les salaires des fonctionnaires ainsi que le démarrage des opérations de paie du mois de mai.
Pour l’ensemble du mois de mai, les prévisions gouvernementales tablent sur des dépenses de 2.474,7 milliards de CDF, dont près de 980 milliards réservés uniquement aux rémunérations des agents publics.
Un déficit budgétaire moins lourd que prévu
Malgré cette forte pression financière, le déficit de trésorerie de l’État reste inférieur aux prévisions initiales.
Au cours des trois premiers mois de l’année 2026, le déficit s’est établi à 1.578,6 milliards de CDF, contre un déficit programmé de 3.288,3 milliards.
Cette situation est notamment soutenue par l’amélioration de la mobilisation des recettes, une meilleure exécution budgétaire ainsi que l’entrée de la RDC sur les marchés internationaux grâce à une émission inaugurale d’Eurobond de 1,25 milliard USD destinée au financement des projets publics.
Entre stabilité et défis budgétaires
Si les indicateurs macroéconomiques restent globalement stables, les dépenses courantes continuent toutefois d’absorber une grande partie des ressources publiques. La masse salariale, les charges institutionnelles et les besoins sociaux maintiennent une forte pression sur le Trésor public, dans un contexte où le gouvernement cherche à préserver la stabilité économique tout en finançant les infrastructures et les services publics.
Joslin Lomba ( Mediacongo.net)



