La République démocratique du Congo confirme sa montée en puissance économique au sein de l’Afrique centrale. Selon l’édition 2025 de l’Indice de l’industrialisation en Afrique publié par la Banque africaine de développement (BAD), en partenariat avec l’Union africaine et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), le pays occupe désormais la deuxième place des économies industrielles de la sous-région.
Avec un score de 0,5987 point enregistré en 2024, la RDC se classe derrière le Gabon, mais devant la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Congo, le Tchad et la République centrafricaine. Une performance qui traduit les progrès réalisés ces dernières années dans le développement du secteur industriel congolais.
Cette position régionale permet également à la RDC de se hisser au 13e rang continental parmi les économies les plus industrialisées d’Afrique. Le pays dépasse ainsi plusieurs États aux économies importantes comme le Nigeria, l’Angola, le Ghana ou encore l’Éthiopie.
Le rapport met particulièrement en avant les avancées enregistrées entre 2010 et 2024. La RDC figure parmi les pays africains ayant réalisé les progrès les plus marqués en matière d’industrialisation, gagnant plus de cinq places dans le classement continental au cours de cette période.
Cette évolution s’explique notamment par les efforts engagés pour renforcer la transformation locale des ressources naturelles. Les autorités congolaises encouragent depuis plusieurs années la création de chaînes de valeur autour des minerais stratégiques, notamment le cuivre et le cobalt, ainsi que le développement de l’agro-industrie afin de réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes.
Dans une Afrique centrale souvent considérée comme l’une des régions les moins industrialisées du continent, la performance congolaise apparaît comme un signal positif. Elle témoigne du potentiel industriel d’un pays disposant d’abondantes ressources naturelles, d’un vaste marché intérieur et d’une position géographique stratégique au cœur du continent.
Cependant, le rapport souligne que plusieurs défis continuent de freiner l’accélération de l’industrialisation. Les insuffisances en matière d’approvisionnement énergétique, les déficits d’infrastructures de transport, l’accès limité aux financements industriels et les contraintes liées au climat des affaires demeurent des obstacles majeurs.
À l’échelle africaine, le classement reste dominé par le Maroc, l’Afrique du Sud, l’Égypte et la Tunisie, qui disposent d’un appareil manufacturier plus développé. Néanmoins, la progression de la RDC illustre une dynamique encourageante pour l’Afrique centrale, dans un contexte où 41 des 54 pays du continent ont amélioré leur niveau d’industrialisation depuis 2010.
Pour les experts, le maintien de cette trajectoire dépendra désormais de la capacité du pays à transformer davantage ses richesses minières et agricoles sur son propre territoire afin de créer plus de valeur ajoutée, d’emplois industriels et de revenus pour l’économie nationale.
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