Une coalition regroupant des organisations de la société civile de la République démocratique du Congo, de l’Ouganda et plusieurs ONG internationales appelle les présidents Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni à faire preuve d’une transparence totale sur les discussions en cours concernant le développement pétrolier dans le Graben Albertin, à la frontière des deux pays.
Dans une lettre ouverte relayée samedi par Greenpeace Afrique, ces organisations demandent aux deux gouvernements de renoncer à tout projet d’expansion pétrolière susceptible de porter atteinte aux communautés locales et aux écosystèmes transfrontaliers.
Cette démarche intervient alors que des informations font état de négociations entre Kinshasa et Kampala sur une coopération dans l’exploitation des hydrocarbures autour du lac Albert. Les signataires estiment que toute décision concernant ces projets doit être prise dans le respect des principes de transparence, de participation citoyenne et du consentement libre, préalable et éclairé des populations concernées.
Selon Toussaint Molenge, chef de projet de la campagne Forêt du Bassin du Congo chez Greenpeace Afrique, le Bassin du Congo constitue l’un des principaux régulateurs climatiques de la planète. Il avertit qu’une extension des activités pétrolières dans cette zone fragiliserait des écosystèmes essentiels tout en compromettant les engagements climatiques des États de la région.
La coalition rappelle également que plusieurs projets pétroliers développés dans la région des Grands Lacs ont déjà suscité des critiques en raison de leurs impacts environnementaux, sociaux et des atteintes présumées aux droits humains. Une nouvelle phase d’exploitation pourrait, selon elle, accentuer les risques qui pèsent sur des sites écologiquement sensibles tels que le lac Albert, le lac Édouard, la rivière Semliki et le Parc national des Virunga.
Dans leur lettre, les organisations demandent notamment aux autorités congolaises et ougandaises de publier les accords conclus ou en cours de négociation, de préciser la portée des discussions sur les hydrocarbures, de réaliser des évaluations indépendantes des impacts environnementaux, sociaux et climatiques, ainsi que d’organiser des consultations inclusives avec les communautés concernées.
Rédaction



