Le Domaine agro-industriel présidentiel de la N’Sele (DAIPN), autrefois vitrine de l’agriculture moderne en République démocratique du Congo, traverse une zone de fortes turbulences. Sa principale ferme avicole a cessé toute activité, plongeant des dizaines d’agents dans l’incertitude et laissant des infrastructures entières à l’abandon.
Sur ce site appartenant à l’État congolais et rattaché directement à la Présidence de la République, le silence a remplacé l’effervescence. Les bâtiments sont vides, les machines à l’arrêt, et les installations autrefois dédiées à l’élevage de poulets de chair, au couvoir et à l’abattoir ne fonctionnent plus.
À l’origine de cette paralysie : un manque criant de financements. Selon les travailleurs, la suspension des activités est effective depuis le 1er janvier 2026. Les agents du secteur avicole ont été envoyés en congé sans solde, une décision qui fragilise fortement leurs conditions de vie et celles de leurs familles.
« Nous informons le Président de la République que la ferme présidentielle de la N’Sele a suspendu ses activités. Les employés du secteur avicole sont aujourd’hui en congé sans solde. Faute de moyens pour faire fonctionner le projet, nous nous retrouvons sans emploi », témoignent les agents.
Face à ce qu’ils qualifient de situation alarmante, les travailleurs ont lancé, mardi 27 janvier, un appel direct au Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour une implication personnelle afin d’éviter l’effondrement définitif du domaine.
« Malgré nos démarches auprès des autorités, nos voix sont restées sans réponse. Nous demandons au Président de s’impliquer pour sauver le DAIPN et préserver les emplois », insistent-ils.
Un symbole agricole en danger
Fondé en 1966 sous le régime du président Mobutu, le Domaine agro-industriel présidentiel de la N’Sele était censé incarner l’ambition agricole nationale et contribuer à la sécurité alimentaire du pays. Pendant des décennies, il a représenté un pilier stratégique pour la production locale et un employeur important pour les communautés environnantes.
Aujourd’hui, ce symbole historique semble vaciller. L’arrêt de la ferme avicole ne menace pas seulement des emplois, mais aussi l’approvisionnement en produits agricoles et la survie économique de nombreux ménages dépendant de cette activité.
La crise du DAIPN relance ainsi le débat sur la gestion et le financement des grands projets agro-industriels publics en RDC, à l’heure où la diversification économique et l’autosuffisance alimentaire restent des priorités affichées par les autorités.



