Une accélération des exportations chinoises vers l’Afrique pourrait raviver des tensions commerciales entre Pékin et plusieurs économies du continent dès 2026. C’est l’un des principaux enseignements d’un rapport publié mi-décembre 2025 par le cabinet de conseil Oxford Economics, dans un contexte de profondes recompositions du commerce mondial.
Intitulé « Watchlist 2026 – Sino-Africa tensions and stolen elections », le rapport estime que la Chine pourrait intensifier ses flux commerciaux vers l’Afrique afin de compenser la perte de parts de marché enregistrée aux États-Unis. Cette stratégie d’ajustement, si elle se confirme, pourrait toutefois contraindre certains pays africains à adopter des mesures antidumping à l’encontre des produits « Made in China » ou à renforcer leurs politiques industrielles pour soutenir la production et la consommation locales.
Selon Oxford Economics, les exportations ont constitué l’un des rares points positifs de l’économie chinoise en 2025, dans un environnement marqué par un ralentissement de la demande intérieure. Face aux droits de douane imposés par l’administration Trump, qui redessinent les échanges internationaux, les autorités chinoises redoublent d’efforts pour maintenir une croissance tirée par les exportations et préserver le poids stratégique de l’industrie manufacturière, laquelle représente historiquement près de 25 % du produit intérieur brut (PIB) du pays.
Pour conserver cette part dans l’économie nationale, les exportations chinoises devraient croître en moyenne de 3,5 % à 5 % par an en termes réels. Or, la chute de 52 % en glissement annuel des exportations vers les États-Unis entre janvier et août 2025 a fortement perturbé les flux commerciaux traditionnels de la Chine.
Cette contraction a toutefois été largement compensée par une hausse significative des expéditions vers d’autres régions du monde.
Sur la même période, les exportations chinoises à destination des pays membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) ont progressé de 56 %, tandis que celles vers l’Afrique ont augmenté de 28 %. Une dynamique qui, selon Oxford Economics, pourrait accentuer les déséquilibres commerciaux et nourrir des frictions économiques entre la Chine et ses partenaires africains, à mesure que ces derniers cherchent à protéger leurs industries locales et à renforcer leur souveraineté économique.
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