Le gouvernement de la République démocratique du Congo prépare un projet de loi consacré au gaz de pétrole liquéfié (GPL), communément appelé gaz domestique, dans le cadre d’une réforme plus large du cadre légal des hydrocarbures. L’annonce a été faite lors du Conseil des ministres du 6 mars 2026, où la ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a présenté un dossier portant sur l’organisation des travaux de révision de la loi actuelle et sur l’élaboration d’un texte législatif dédié au GPL.
Selon le compte rendu de la réunion gouvernementale, la réforme envisagée prévoit notamment l’introduction d’une fiscalité plus flexible et incitative, ainsi qu’une diversification des modalités d’attribution des droits pétroliers. L’objectif est d’aligner le dispositif congolais sur les pratiques en vigueur dans plusieurs pays producteurs.
Le futur cadre juridique devrait également renforcer les mécanismes de transparence dans l’octroi des droits pétroliers, intégrer davantage les exigences environnementales et préciser les règles relatives au contenu local et à la représentation de l’État dans les projets. Le texte en préparation devrait par ailleurs consacrer le recours au contrat de concession et clarifier la catégorisation des blocs pétroliers.
Pour l’exécutif, cette réforme vise à moderniser l’environnement juridique du secteur, à en améliorer l’attractivité et à encourager de nouveaux investissements. Elle devrait aussi contribuer à mieux structurer la filière du GPL, encore faiblement développée dans le pays.
En RDC, la biomasse — notamment le bois et le charbon de bois — demeure la principale source d’énergie utilisée pour la cuisson. Le recours au gaz domestique reste limité. À Kinshasa, le taux de pénétration du GPL est estimé à environ 14 % des ménages, soit près de 250 000 foyers. Les autorités ambitionnent toutefois d’atteindre 1,2 million de ménages utilisateurs dans la capitale d’ici 2030.
Dans cette perspective, un partenariat a été conclu fin 2025 entre le ministère des Hydrocarbures et Société financière internationale (IFC) afin de soutenir le développement de la filière GPL, notamment à travers le renforcement du cadre réglementaire et la mobilisation d’investissements.
Cette initiative s’inscrit dans un processus plus large de révision de la législation pétrolière engagé en 2025. Les autorités estiment en effet que certaines dispositions de la loi de 2015 ont contribué à réduire l’attractivité du secteur, notamment après l’échec de l’appel d’offres lancé en 2022 pour l’attribution de 27 blocs pétroliers.
À travers cette réforme, le gouvernement espère relancer l’intérêt des investisseurs pour le secteur des hydrocarbures tout en favorisant la transition vers des solutions de cuisson plus propres et plus accessibles pour les ménages congolais.
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