Selon des données compilées par Bloomberg, le franc congolais (CDF) s’est hissé au niveau du cedi ghanéen dans le classement des monnaies africaines les plus performantes en 2024, porté par un ensemble de facteurs macroéconomiques favorables et un resserrement calibré de la politique monétaire en République démocratique du Congo (RDC).
Bloomberg souligne qu’une progression de près de 29 % du CDF face au dollar depuis le début de l’année est attribuable à la hausse substantielle des réserves internationales et à un repositionnement stratégique de la Banque centrale du Congo (BCC). « Une augmentation des avoirs en devises de la RDC et un changement dans la politique de la banque centrale ont alimenté un rallye de près de 29 % du franc », indique l’agence.
Dans une interview accordée à Bloomberg, le gouverneur de la BCC, André Wameso, a rappelé l’injection ponctuelle de 50 millions de dollars en août, destinée à absorber l’excès de liquidité en francs. Il affirme que l’institution se tient prête à intervenir uniquement en cas de volatilité excessive : « À ce stade, il n’y a aucune raison d’intervenir sur le marché. »
Cette embellie intervient alors que les réserves de change de la RDC ont augmenté de 21 % en un an, pour atteindre 7,4 milliards de dollars, selon le président Félix Tshisekedi dans son discours sur l’état de la nation. Il souligne que l’appréciation du franc a apporté « une stabilité que notre peuple n’a pas connue depuis de nombreuses années ».
Pour Sayen Gohil, analyste des risques nationaux chez BMI (Fitch Solutions), la bonne tenue du CDF résulte d’une politique monétaire axée sur la réduction de la liquidité en francs. Selon lui, la BCC dispose encore de marges de manœuvre pour poursuivre ce pilotage en 2026, ce qui devrait permettre au franc de préserver une grande partie de ses gains récents.
Cependant, l’attractivité des actifs congolais ne dépendra pas uniquement de la trajectoire de la monnaie. Gohil cite notamment la dynamique des prix du cuivre en hausse de 32 % cette année , les évolutions du processus de paix entre la RDC et le Rwanda, ainsi que les avancées dans les projets d’intégration régionale. « Les prix élevés du cuivre continueront d’encourager les investissements dans le secteur minier », explique-t-il, en évoquant également le corridor de Lobito, qui doit réduire les délais d’exportation des métaux congolais vers les marchés internationaux, notamment les États-Unis.
Premier producteur de cuivre en Afrique, la RDC profite d’un marché mondial particulièrement tendu. La demande soutenue, stimulée entre autres par les centres de données et l’industrie des véhicules électriques, excède l’offre, fragilisée par une capacité minière qui peine à suivre le rythme et par des interruptions techniques dans plusieurs sites. Une configuration qui continue de renforcer la position stratégique de Kinshasa sur les marchés des matières premières.
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