La République démocratique du Congo intensifie ses efforts pour sortir de la liste grise du Groupe d’action financière, un objectif stratégique aux implications directes sur l’attractivité économique du pays. Réuni le 19 mars 2026 à Kinshasa, le Comité de pilotage du plan d’actions a dressé un état des lieux jugé globalement encourageant par les autorités.
Placée sous la coordination du ministre des Finances Doudou Fwamba, cette réunion s’inscrit dans une séquence de réformes impulsée au plus haut niveau de l’État, visant à renforcer la transparence financière et à sécuriser les flux économiques dans un contexte de vigilance accrue des partenaires internationaux.
Une conformité en nette progression
Selon les données présentées, 20 des 23 actions prioritaires convenues avec le GAFI ont été exécutées, soit un taux de réalisation proche de 90 %. Cette progression traduit une mobilisation institutionnelle élargie, impliquant notamment le ministère de la Justice dirigé par Guillaume Ngefa et la Banque centrale du Congo, sous la conduite de son gouverneur André Wameso.
Les réformes engagées portent sur trois axes structurants : le renforcement du cadre légal de lutte contre le blanchiment de capitaux, l’intensification des enquêtes et poursuites judiciaires, ainsi que le durcissement des mécanismes de supervision financière.
Un enjeu clé pour le climat des affaires
La sortie de la liste grise constitue un levier déterminant pour améliorer la perception du risque pays. Elle conditionne en partie l’accès aux financements internationaux, la fluidité des transactions bancaires et la confiance des investisseurs.
Dans cette perspective, les autorités congolaises cherchent à aligner leurs standards sur les exigences internationales, alors que la présence sur la liste grise du GAFI est souvent associée à des coûts de conformité plus élevés pour les institutions financières opérant dans le pays.
Test décisif en avril
La prochaine étape sera déterminante. Une mission d’évaluation en face-à-face est prévue en avril en Namibie, au cours de laquelle la RDC devra démontrer l’effectivité des mesures adoptées, au-delà des réformes normatives.
En parallèle, deux jalons structurants sont attendus en 2026 : l’adhésion au Groupe Egmont, qui regroupe les cellules de renseignement financier, et l’intégration à l’ESAAMLG. Ces plateformes renforceront la coopération internationale en matière de lutte contre les flux financiers illicites.
Consolider les acquis pour éviter un retour en arrière
Au-delà de la sortie de la liste grise, l’enjeu pour la RDC sera de pérenniser les acquis. Les autorités planchent déjà sur un plan post-évaluation destiné à ancrer durablement les réformes dans les pratiques institutionnelles.
Dans un environnement économique marqué par la concurrence pour les capitaux internationaux, la crédibilité du dispositif de lutte contre le blanchiment apparaît désormais comme un facteur clé de compétitivité et de stabilité financière.
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