L’escalade des tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait planer la menace d’un choc pétrolier mondial. Dans une tribune publiée lundi 2 mars 2026, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, alerte sur les conséquences qu’entraînerait une éventuelle fermeture du détroit d’Ormuz, axe stratégique du commerce énergétique international.
Selon lui, ce passage maritime concentre à lui seul près d’un quart du pétrole consommé dans le monde et environ un tiers du gaz naturel liquéfié (GNL). Il constitue par ailleurs la principale voie d’exportation pour plusieurs producteurs majeurs du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, l’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar.
Dans ce contexte, toute interruption du trafic dans le détroit provoquerait, d’après le ministre, une flambée quasi immédiate des cours du brut. « Une hausse brutale des prix et des coûts de transport alimenterait une inflation mondiale difficilement maîtrisable par les banques centrales », prévient-il. Il n’exclut pas que le baril de Brent franchisse rapidement le seuil symbolique des 100 dollars américains.
Inflation importée et pression sur le secteur minier
Pour la République démocratique du Congo, fortement dépendante des importations de produits pétroliers, le scénario serait particulièrement préoccupant. Julien Paluku évoque une montée rapide du coût de la vie, sous l’effet d’une inflation importée. Les prix des carburants influencent directement ceux des transports, des produits alimentaires et de nombreux biens de consommation.
Le secteur minier, pilier de l’économie congolaise, serait également exposé. Gros consommateur de carburant pour l’exploitation et le transport des minerais, il verrait ses coûts opérationnels grimper, avec un risque de répercussion sur les recettes publiques et la compétitivité des exportations.
Des mesures d’anticipation proposées
Face à ces risques, le ministre plaide pour des mesures préventives. Il recommande le renforcement des réserves stratégiques de carburant, à travers l’augmentation des capacités de stockage des opérateurs privés et de la SONAHYDROC.
Il propose également la constitution de stocks stratégiques de denrées de première nécessité, notamment le maïs et le riz, afin de contenir les tensions sur les prix intérieurs en cas de choc externe.
Au-delà des réponses conjoncturelles, Julien Paluku insiste sur un impératif structurel : accélérer la diversification de l’économie congolaise et multiplier les voies d’approvisionnement. Pour lui, les crises géopolitiques récurrentes rappellent la vulnérabilité des économies importatrices face aux « chocs exogènes inévitables » du marché mondial.
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