Le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a haussé le ton sur un dossier resté lettre morte depuis plusieurs années. Lors de la 76ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 30 janvier 2026 à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, le chef de l’État a exigé l’application effective d’une disposition clé de la loi sur les télécommunications et les technologies de l’information et de la communication (TIC).
Au cœur de cette mise au point : la loi n°21-017 du 25 novembre 2020, et plus précisément son article 40. Ce texte prévoit que les travailleurs congolais des entreprises de télécommunications puissent participer à hauteur de 5 % au capital social de leurs sociétés. Une mesure présentée comme un levier d’inclusion économique nationale, de justice sociale et de meilleure répartition des richesses dans un secteur stratégique.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres lu par le porte-parole du gouvernement, le Président de la République a déploré que cette disposition n’ait jamais été mise en œuvre en République démocratique du Congo. Une situation qu’il considère comme une « anomalie juridique et sociale ».
Pour le chef de l’État, cette non-application a des conséquences multiples : privation d’un droit légalement reconnu aux travailleurs, déséquilibres persistants dans la gouvernance des entreprises du secteur et affaiblissement du dialogue social. Autant de facteurs qui, à ses yeux, freinent la construction d’un climat social apaisé et d’un développement plus équitable dans les télécoms.
Afin de corriger cette situation, Félix Tshisekedi a instruit la Première ministre de mobiliser sans délai les ministres concernés, en collaboration étroite avec l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications.
Objectif : engager des discussions responsables avec les entreprises de télécommunications.
Ces échanges devront permettre de définir, de manière concertée, les modalités juridiques et financières nécessaires pour rendre effective la participation des travailleurs au capital. Le gouvernement veut ainsi passer d’un droit théorique à une application concrète, dans un secteur parmi les plus dynamiques et rentables de l’économie congolaise.
Avec ce rappel à l’ordre présidentiel, la question de la redistribution de la valeur dans les télécommunications revient donc au premier plan, et pourrait ouvrir une nouvelle phase de négociations entre l’État, les régulateurs et les opérateurs du secteur.



