Lorsqu’il prend les commandes de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) en novembre 2022, Miguel Kashal Katemb hérite d’une institution jugée marginale, peu visible et faiblement structurée. Trois ans plus tard, son passage est associé à une montée en puissance spectaculaire de la régulation de la sous-traitance en République démocratique du Congo.
À son arrivée, moins de 3 000 entreprises étaient enregistrées auprès de l’ARSP. Sous son impulsion, ce chiffre dépasse désormais les 15 000. Cette croissance ne relève pas uniquement d’un effort administratif : elle traduit une volonté de formaliser, encadrer et intégrer les PME congolaises dans les circuits économiques dominés jusque-là par de grands groupes, souvent étrangers.
Miguel Kashal Katemb a restructuré les procédures internes, renforcé les mécanismes de contrôle et imposé une culture de redevabilité inspirée du secteur privé. L’ARSP est passée d’un rôle passif à une posture proactive, multipliant les missions de terrain, les contrôles et les campagnes de sensibilisation auprès des entreprises.
Des retombées économiques mesurables

L’impact le plus visible concerne les volumes financiers captés par les entreprises locales. En 2024, celles-ci auraient obtenu plus de 2 milliards de dollars de marchés de sous-traitance, contre environ 375 millions l’année précédant son arrivée.
Cette progression marque un tournant : la sous-traitance, longtemps considérée comme un segment périphérique, devient un levier stratégique de redistribution des opportunités économiques. En facilitant l’accès des opérateurs nationaux aux marchés générés par les secteurs minier, énergétique et industriel, l’ARSP contribue à structurer un tissu entrepreneurial local plus robuste.
Un moteur pour la classe moyenne
Au-delà des chiffres, l’impact de son action se mesure dans la dynamique entrepreneuriale qu’elle stimule. En favorisant l’émergence de PME congolaises compétitives, capables de répondre aux standards des grandes entreprises, Miguel Kashal Katemb participe à la consolidation d’une classe moyenne fondée sur la production, la prestation de services et l’investissement local.
Son approche s’inscrit dans la vision portée par le président Félix Tshisekedi, qui fait du contenu local un pilier de la souveraineté économique. La régulation devient ainsi un instrument de transformation structurelle, orientant les flux financiers vers des acteurs nationaux.
Une ARSP devenue stratégique

En quelques années, l’ARSP s’est imposée comme un acteur central du débat économique congolais. L’institution est désormais perçue comme un outil de rééquilibrage entre multinationales et entreprises locales, mais aussi comme un mécanisme de formalisation de l’économie.
Pour ses soutiens, Miguel Kashal Katemb a réussi à redéfinir le rôle de l’ARSP : d’organe administratif discret, elle est devenue un levier stratégique de croissance inclusive. Son impact dépasse la seule régulation ; il touche à la redistribution des opportunités et à la construction progressive d’un écosystème entrepreneurial national plus structuré et plus ambitieux.
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