La sous-traitance en République démocratique du Congo poursuit sa structuration autour d’un objectif central : garantir une majorité nationale dans la création de valeur.
Selon les données présentées par le directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Kashal, le secteur a atteint une répartition de 51 % du chiffre d’affaires en faveur des entreprises congolaises contre 49 % pour les expatriés, un seuil présenté comme un acquis stratégique.
Intervenant lors d’un briefing organisé à Kinshasa par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le régulateur a retracé l’évolution du secteur. Le volume d’affaires est passé de 300 millions de dollars en 2022 à plus de 2 milliards en 2023, avant d’atteindre 2,4 milliards en 2024. En 2025, un repli à 1,7 milliard de dollars est observé, attribué principalement à la dégradation du contexte sécuritaire dans l’Est du pays.
Au-delà de cette contraction conjoncturelle, l’ARSP met en avant une transformation structurelle : la montée en puissance des PME locales dans l’accès aux marchés de sous-traitance. La part majoritaire de 51 % détenue par les opérateurs congolais reflète, selon l’institution, les effets des mesures de régulation et des campagnes de vulgarisation engagées depuis 2022 pour rééquilibrer un secteur historiquement dominé par des acteurs étrangers.
Encadrement renforcé de la chaîne de valeur
Dans cette dynamique, le régulateur insiste sur le respect strict du périmètre des activités dans la chaîne de sous-traitance, en particulier dans le secteur minier.
L’ARSP s’oppose à l’implication directe des sociétés minières dans la commercialisation d’intrants stratégiques tels que l’acide sulfurique, le charbon ou la chaux vive.
Pour l’autorité, ces activités doivent relever exclusivement des entreprises de sous-traitance agréées. Cette orientation vise à éviter une intégration verticale des groupes miniers susceptible de réduire les opportunités pour les PME locales, et à consolider un écosystème économique national.
« La sous-traitance est une chaîne de valeur distincte de l’activité principale des sociétés minières », a rappelé Miguel Kashal, appelant ces dernières à recourir à des distributeurs et prestataires habilités.
Un levier pour la classe moyenne
La politique de promotion de la sous-traitance s’inscrit dans une stratégie plus large de développement économique, avec en toile de fond l’émergence d’une classe moyenne congolaise. En maintenant une majorité nationale dans la répartition du chiffre d’affaires, les autorités entendent favoriser l’accumulation de capital local et renforcer le tissu entrepreneurial.
Malgré les incertitudes sécuritaires et les fluctuations économiques, le maintien du seuil de 51 % apparaît ainsi comme un indicateur clé de la réorientation progressive du secteur au profit des acteurs congolais.
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