Face aux réactions suscitées par l’annonce de sa réforme, la Banque centrale du Congo (BCC) précise sa position et tente de dissiper les malentendus. Son gouverneur, André Wameso Nkualokoki, insiste : il ne s’agit nullement de bannir l’usage du dollar dans l’économie congolaise, mais de réorganiser les modalités de son utilisation.
Intervenant lors d’un point de presse le 28 avril 2026 à Kinshasa, il a rappelé que la mesure annoncée, dont l’entrée en vigueur est fixée au 9 avril 2027, cible exclusivement les paiements en espèces en devises étrangères. Les transactions en dollars, elles, resteront autorisées, à condition de s’effectuer à travers des circuits formels et traçables.
Une réforme centrée sur les modes de paiement

La réforme opère ainsi une séparation claire entre la détention de devises et leur usage dans les échanges quotidiens. Les billets en dollars ne pourront plus être utilisés pour régler des biens et services, mais les opérations en devise continueront d’exister sous forme scripturale.
Dans les faits, les usagers seront orientés vers des instruments financiers tels que les virements bancaires, les cartes de paiement ou encore les solutions de monnaie électronique. Les détenteurs de dollars auront le choix entre convertir leurs liquidités en francs congolais pour des paiements en espèces, ou conserver leurs devises sur des comptes bancaires afin d’effectuer des transactions électroniques.
Pour l’institution monétaire, cette orientation s’inscrit dans une dynamique de modernisation du système de paiement et de renforcement de la traçabilité des flux financiers, dans un contexte où le cash en devises échappe largement au contrôle des circuits formels.
Pas de dédollarisation, mais un encadrement
Le gouverneur de la BCC rejette par ailleurs toute interprétation assimilant cette réforme à une politique de dédollarisation. La détention de dollars demeure légale, tout comme l’ouverture et le maintien de comptes en devise.
L’objectif affiché est donc moins de réduire la place du dollar dans l’économie congolaise que d’encadrer son usage, en limitant sa circulation sous forme de cash. Une nuance que la banque centrale juge essentielle pour éviter les confusions et rassurer les opérateurs économiques comme les particuliers.
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