À la suite du rapport accablant de la Banque mondiale, la pression monte autour de la gestion des entreprises publiques en République démocratique du Congo. L’économiste et acteur de la société civile Jonas Tshiombela réclame un audit indépendant et systématique de l’ensemble du portefeuille de l’État.
Dans un entretien accordé à Mediacongo Press, ce mercredi 25 mars, il qualifie la situation actuelle d’« échec systémique », estimant que les pertes cumulées de 5,3 milliards de dollars entre 2014 et 2023 traduisent une dérive profonde. « Il ne s’agit pas seulement d’un problème de gestion, mais d’un système de prédation institutionnalisée », dénonce-t-il.
Pour Jonas Tshiombela, la priorité est claire : faire toute la lumière sur la gestion des entreprises publiques à travers des audits indépendants, publics et crédibles. Une démarche qu’il juge indispensable pour identifier les responsabilités, restaurer la transparence et rétablir la confiance.
Au-delà de cet audit, il plaide pour une refonte complète de la gouvernance. Cela passe notamment par la dépolitisation des organes de gestion, des nominations fondées sur la compétence, ainsi que la publication systématique des états financiers et des contrats. Il appelle également à des sanctions pénales et patrimoniales en cas de mauvaise gestion.
Publié le 24 mars, le rapport de la Banque mondiale, intitulé « Du parking à la voie rapide : Réformer les entreprises publiques », met en évidence l’ampleur des contre-performances. Avec une moyenne annuelle de pertes dépassant 530 millions de dollars, ces entreprises constituent, selon l’étude, un risque budgétaire majeur pour l’État congolais.
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