La Régie de distribution d’eau (Regideso) s’engage dans une nouvelle phase de transformation. L’entreprise publique projette de lancer à Kinshasa une usine de production d’eau en bouteille, tout en développant de nouveaux services technologiques et énergétiques pour diversifier ses revenus.
Invité d’une émission diffusée le 4 mars 2026 sur Top Congo, le directeur général de la Regideso, David Tshilumba Mutombo, a annoncé qu’un dossier d’appel d’offres est en cours de préparation pour concrétiser ce projet industriel. Selon lui, les travaux de montage de l’usine pourraient démarrer dans un délai de trois à quatre mois.
Cette unité de production sera accompagnée d’un système de recyclage des bouteilles destiné à récupérer les emballages utilisés dans la capitale. À terme, la Regideso envisage d’étendre ce modèle industriel dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo.
Au-delà de la production d’eau en bouteille, l’entreprise explore également de nouvelles opportunités dans le domaine du numérique. Elle prévoit notamment de développer une technologie de Payment Service Provider (PSP), un service de paiement électronique qui pourrait générer des revenus supplémentaires.
Dans cette dynamique de diversification, la Regideso a également créé une filiale spécialisée dans la production d’électricité, baptisée RégiEnergies. L’objectif est d’élargir le champ d’activités de l’entreprise afin de renforcer sa stabilité financière.
Selon David Tshilumba Mutombo, cette stratégie répond notamment à la dépendance financière de la société vis-à-vis des paiements de l’État, qu’il qualifie de « mauvais payeur ». « Lorsque l’État ne paie pas, cela perturbe notre plan d’affaires, notre budget annuel et nos performances », a-t-il expliqué, précisant que les paiements publics peuvent parfois intervenir avec des retards allant de dix à douze mois.
Parallèlement, la Regideso prépare l’introduction de compteurs intelligents pour améliorer la gestion de la consommation d’eau, en particulier dans les institutions publiques. L’entreprise attend la livraison de 80 000 à 90 000 compteurs, dont l’installation est prévue dans les trois à quatre prochains mois.
Ces dispositifs fonctionneront majoritairement en mode prépaiement. Concrètement, l’accès à l’eau dépendra du crédit disponible sur le compteur, selon un principe similaire à celui de la recharge téléphonique. « Comme pour un téléphone : s’il n’y a pas d’unités, le compteur ne fonctionne pas. Pas d’unités, pas d’eau », a illustré le directeur général.
Avec ces différents projets, la Regideso affiche son ambition de moderniser son modèle économique et de renforcer sa capacité d’investissement, dans un contexte où la demande en eau potable ne cesse de croître dans les grandes villes du pays.
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