Les contre-performances des entreprises publiques ne sont plus seulement un problème de gestion, elles constituent désormais une menace directe pour l’équilibre des finances publiques, alerte la Banque mondiale dans son rapport publié ce mardi 24 mars. D’après la même source, ces pertes récurrentes de ces sociétés alimentent un risque budgétaire croissant.
Intitulée « Du parking à la voie rapide : Réformer les entreprises publiques », l’étude de la Banque mondiale révèle que ces entreprises ont accumulé près de 5,3 milliards de dollars de pertes entre 2014 et 2023, soit plus de 530 millions USD par an. Un niveau de déficit qui équivaut quasiment au budget annuel du secteur de la santé, illustrant l’ampleur de la pression exercée sur les finances de l’État.
Pour la Banque mondiale, ces pertes ne sont pas sans conséquences, elles se traduisent par des besoins récurrents de soutien public, explicites ou implicites, réduisant les marges budgétaires disponibles pour les investissements prioritaires et les politiques sociales.
Le rapport met également en évidence une dynamique préoccupante d’endettement. La dette des entreprises publiques est passée de 5,7 % du PIB en 2019 à 7,3 % en 2023, représentant désormais environ 42 % de la dette extérieure publique. Une concentration des engagements sur un nombre limité de grandes entreprises, notamment dans l’énergie et les mines, accentue les vulnérabilités pour les finances publiques.
Ce double effet pertes chroniques et endettement croissant renforce le risque de transferts financiers vers ces entreprises, exposant davantage le budget de l’État à des chocs imprévus. En toile de fond, c’est la soutenabilité budgétaire qui est en jeu.
« Des réformes profondes et durables sont absolument indispensables », a déclaré Albert Zeufack, directeur de division de la Banque mondiale pour l’Angola, le Burundi, la RDC et São Tomé-et-Príncipe. Selon lui, une meilleure gouvernance et une gestion plus rigoureuse permettraient de limiter ces pertes et de réduire la pression qu’elles exercent sur les finances publiques.
Au-delà du diagnostic, la Banque mondiale appelle à une clarification du rôle de l’État actionnaire, à une transparence accrue et à une compensation budgétaire explicite des missions de service public avec comme objectif de contenir les risques budgétaires et transformer ces entreprises en leviers de croissance plutôt qu’en sources de vulnérabilité économique.
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