Le tronçon de la route nationale n°5 (RN5) reliant Lubumbashi au village de Kasomeno, dans le territoire de Kasenga, traverse une phase critique de dégradation, avec des répercussions directes sur l’activité économique locale et régionale.
Sous l’effet des pluies récentes, l’axe est devenu difficilement praticable. Nids-de-poule profonds, affaissements de la chaussée et zones impraticables immobilisent régulièrement les camions de transport, en particulier ceux acheminant des produits agricoles vers les marchés urbains. Cette situation entraîne un ralentissement significatif des flux logistiques entre les zones de production et le principal centre de consommation de la province.
Cet axe routier constitue pourtant un corridor stratégique pour l’approvisionnement de Lubumbashi en denrées alimentaires en provenance de Kasenga, une zone à forte vocation agricole. Sa dégradation affecte non seulement la fluidité du commerce, mais aussi la stabilité des prix sur les marchés.
Les premiers effets inflationnistes sont déjà perceptibles. Le prix d’un sac de farine, produit de base, est passé en quelques jours de 30 000 à 42 000 francs congolais, soit une hausse de 40 %. Une évolution qui reflète les coûts logistiques supplémentaires induits par les retards, les pannes et les pertes de marchandises.
Au-delà de l’impact immédiat sur les prix, la situation met en lumière les faiblesses structurelles du réseau routier dans cette partie du Haut-Katanga. Malgré l’existence d’un poste de péage sur cet axe, où les usagers s’acquittent en moyenne de 100 dollars par passage, aucun programme visible d’entretien ou de réhabilitation n’a été engagé depuis la dernière modernisation remontant à 2014, selon des témoignages concordants.
Cette défaillance interroge sur l’efficacité de la mobilisation et de l’affectation des ressources issues des péages, dans un contexte où les infrastructures de transport jouent un rôle déterminant dans la compétitivité des chaînes d’approvisionnement.
À moyen terme, la persistance de cette situation pourrait désorganiser durablement les circuits d’approvisionnement, réduire les marges des opérateurs économiques et accentuer la pression inflationniste sur les produits de première nécessité. Elle souligne également l’urgence d’investissements ciblés dans l’entretien routier, condition essentielle pour soutenir la croissance économique régionale et sécuriser les échanges commerciaux.
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