La fermeture des frontières aux voyageurs en provenance de la République démocratique du Congo ne constitue pas une réponse efficace à l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement dans l’Est du pays. C’est ce qu’a affirmé le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, à l’issue d’une audience accordée à Kinshasa par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Selon le chef de l’OMS, plusieurs études démontrent que les restrictions aux frontières peuvent tout au plus ralentir temporairement la propagation du virus, sans pour autant permettre de maîtriser durablement l’épidémie.
« Beaucoup d’études ont montré que la fermeture des frontières peut ralentir la propagation pendant quelques jours ou quelques semaines, mais elle ne permet pas de contenir l’épidémie. La meilleure stratégie est de soutenir la lutte à l’épicentre », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Cette prise de position intervient alors que plusieurs pays voisins ont adopté des mesures restrictives face à la progression de l’épidémie. Après le Rwanda, l’Ouganda a également décidé de fermer ses frontières aux voyageurs en provenance de la RDC, invoquant le risque de propagation transfrontalière du virus.
Au-delà des considérations sanitaires, ces fermetures ont des répercussions économiques importantes dans la sous-région. Les échanges commerciaux entre les zones frontalières ont fortement diminué, affectant particulièrement les petits commerçants qui dépendent du commerce transfrontalier pour leurs revenus.
Dans plusieurs localités frontalières, la réduction du flux de marchandises a également entraîné une hausse des prix de certains produits de première nécessité. Des acteurs économiques signalent des difficultés d’approvisionnement et une baisse des activités commerciales, accentuant la pression sur les ménages déjà confrontés à un contexte économique difficile.
L’OMS continue de privilégier une approche fondée sur le renforcement de la surveillance épidémiologique, la recherche des contacts, la sensibilisation communautaire et le déploiement de ressources sanitaires dans les zones affectées. L’organisation estime que le contrôle de l’épidémie à son foyer demeure le moyen le plus efficace de prévenir sa propagation vers les pays voisins.
Les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux poursuivent ainsi les efforts de riposte dans les provinces touchées de l’Est du pays, où les équipes sanitaires restent mobilisées pour contenir la maladie.



