À l’heure où la République démocratique du Congo cherche à consolider sa place parmi les grands producteurs mondiaux de minerais stratégiques, la question de l’approvisionnement énergétique s’impose comme l’un des principaux défis à relever. Lors de la DRC Mining Week tenue à Lubumbashi, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Teddy Lwamba Muba a défendu une approche de planification à long terme visant à mieux synchroniser les investissements énergétiques et miniers.
Face aux opérateurs du secteur, le membre du gouvernement a proposé l’élaboration d’une feuille de route commune entre l’État et les entreprises minières sur des horizons de 5, 10 et 15 ans. Une démarche destinée à anticiper la demande croissante en électricité, à orienter les investissements vers les zones prioritaires et à réduire les risques liés aux déficits énergétiques qui freinent régulièrement les activités industrielles.
Une stratégie pour soutenir la croissance minière
La montée en puissance de la production de cuivre, de cobalt et d’autres minerais critiques exerce une pression accrue sur les infrastructures électriques du pays. Pour le gouvernement, la planification énergétique doit désormais accompagner les ambitions de croissance du secteur extractif.
L’exécutif entend ainsi identifier à l’avance les besoins futurs des projets miniers et déterminer les sources d’énergie les plus adaptées à chaque bassin de production. Cette approche vise également à favoriser un mix énergétique plus équilibré capable de répondre simultanément aux besoins de l’industrie et des populations.
Mieux coordonner les capitaux publics et privés
L’une des annonces majeures du ministre concerne le partage des études de planification avec la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et les investisseurs privés. L’objectif est de renforcer la visibilité sur les projets à venir et d’éviter les décalages entre le développement des capacités électriques et celui des activités minières.
Cette coordination est perçue comme un levier essentiel pour attirer davantage de capitaux dans le secteur énergétique, alors que les besoins en infrastructures demeurent considérables, notamment dans les provinces minières du sud du pays.
La faiblesse financière de la SNEL reste un défi majeur
Le gouvernement reconnaît toutefois que la transformation du secteur passe par la résolution de plusieurs contraintes structurelles. Parmi elles figure la situation financière de la Société Nationale d’Électricité, dont le taux de recouvrement des recettes reste limité à environ 40 %.
Cette faiblesse réduit les capacités d’investissement de l’entreprise publique et complique la modernisation des infrastructures. L’amélioration de la collecte des revenus apparaît dès lors comme une condition indispensable pour renforcer la viabilité économique du secteur électrique.
Un système national de dispatching pour renforcer la transparence
Dans cette perspective, le gouvernement a récemment validé la mise en place d’un système national de dispatching de l’énergie. Cet outil permettra de suivre en temps réel la production, la distribution et la consommation d’électricité à l’échelle nationale.
Au-delà de l’amélioration opérationnelle du réseau, cette réforme vise à accroître la transparence du secteur et à offrir davantage de garanties aux investisseurs intéressés par les projets énergétiques en RDC.
Au-delà des financements, la recherche de partenaires stratégiques
Devant les acteurs de l’industrie minière, le ministre a également insisté sur la nécessité d’attirer des partenaires capables d’apporter des technologies, des compétences et une vision de long terme, plutôt que de simples financements.
Cette orientation traduit la volonté du gouvernement de faire de l’énergie un moteur de transformation économique, capable d’accompagner durablement l’industrialisation du pays et de soutenir l’expansion de son secteur minier, pilier des exportations et des recettes en devises.
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