La République démocratique du Congo a exporté près de 49 milliards de dollars de produits miniers en 2024. Un chiffre spectaculaire qui illustre le poids croissant du secteur extractif dans l’économie nationale, mais qui met aussi en lumière un paradoxe : malgré l’importance des revenus générés par les mines, les retombées concrètes pour les communautés locales restent encore limitées.
Cette question sera au centre des échanges de Makutano Mining 2026, prévu du 22 au 25 novembre à Kinshasa. Une note d’information réalisée par Innogence Consulting, partenaire de l’initiative, révèle les difficultés persistantes dans la mise en œuvre des mécanismes de redistribution prévus par le Code minier révisé de 2018.
Parmi ces mécanismes figurent notamment la répartition de la redevance minière, les cahiers des charges de responsabilité sociétale et la dotation minimale de 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises minières destinée au financement de projets de développement communautaire.
Des mécanismes encore loin de produire tous leurs effets
Sept ans après l’entrée en vigueur du Code minier révisé, l’application de ces dispositifs demeure inégale. Sur 402 cahiers des charges attendus entre 2018 et 2024, seuls 71 avaient été signés, soit environ 18 % des engagements prévus.
Ces cahiers des charges doivent pourtant permettre aux entreprises minières de financer des projets répondant aux besoins prioritaires des communautés affectées par leurs activités, notamment dans les infrastructures, la santé, l’éducation ou l’accès à l’eau.
Même constat pour la dotation de 0,3 %. Sur les 485 projets financés à travers ce mécanisme, 46 % étaient achevés au 31 août 2025. Près de 20 % demeuraient cependant bloqués au stade de la passation des marchés ou n’avaient pas encore démarré.
Pour Innogence Consulting, ces chiffres posent la question de l’efficacité réelle des mécanismes de redistribution. L’enjeu n’est plus seulement de mobiliser des ressources, mais de garantir leur gestion transparente, de sélectionner des projets pertinents et surtout d’assurer leur réalisation effective.
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