L’opposant congolais Delly Sesanga conteste l’orientation fiscale retenue par le gouvernement dans le cadre de la réforme du secteur des jeux d’argent et de hasard en République démocratique du Congo.
Dans une déclaration rendue publique vendredi 4 septembre 2026, il estime que la fiscalité devrait principalement porter sur l’activité des opérateurs plutôt que sur les gains des parieurs.
« L’État doit taxer l’activité, pas vos gains », soutient-il, tout en se disant favorable au renforcement de la régulation, à l’identification des opérateurs et à la lutte contre les activités clandestines.
Pour l’ancien député, l’objectif ne devrait pas être d’augmenter indistinctement les prélèvements, mais de déterminer la richesse effectivement créée par le secteur. Il propose ainsi de retenir comme base principale de taxation le produit brut des jeux, correspondant à la différence entre les mises enregistrées et les gains reversés aux joueurs.
« Un dépôt n’est pas un revenu. Un retrait n’est pas un bénéfice. Un mouvement d’argent n’est pas nécessairement une création de richesse », fait-il valoir.
Delly Sesanga demande également la suppression de la taxe ad valorem de 10 % appliquée aux gains des joueurs. Selon lui, une pression fiscale excessive pourrait favoriser le recours à des plateformes clandestines et ainsi compliquer davantage le contrôle du secteur.
L’opposant s’interroge par ailleurs sur une éventuelle redevance liée au mécanisme de monitoring des activités de jeux, notamment si son calcul devait être basé sur les dépôts et les retraits effectués par les parieurs.
Il réclame, à ce sujet, davantage de transparence sur le fonctionnement et le financement de ce dispositif, ainsi que sur les modalités du contrat conclu avec le prestataire technique chargé du monitoring.
Delly Sesanga se prononce donc en faveur d’une fiscalisation du secteur, mais appelle à une approche qu’il juge plus ciblée et proportionnée.
« Oui à la fiscalisation des jeux. Oui à une juste contribution des opérateurs. Oui à la lutte contre la clandestinité. Mais non à une fiscalité qui taxe tout ce qui bouge », affirme-t-il.
Il invite enfin l’État à renforcer en priorité les mécanismes de contrôle, de recouvrement et de lutte contre la fraude avant d’alourdir davantage la charge fiscale pesant sur les acteurs déclarés du secteur.
Mael Vondi



