La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a déposé, mardi 15 septembre, au Bureau de l’Assemblée nationale, le projet de loi de finances pour l’exercice 2027. Le texte prévoit un budget de 56 929 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars américains, présenté par le gouvernement comme un budget « d’action et de souveraineté ».
Ce projet de loi vise à traduire en crédits budgétaires les engagements du Président de la République contenus dans le Programme d’actions du Gouvernement. Il est accompagné du projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025, conformément aux dispositions constitutionnelles et légales en matière budgétaire.
Investissements et pouvoir d’achat au cœur des priorités
Le gouvernement entend consacrer une partie importante de l’effort budgétaire à la sécurité et à la défense, avec pour objectif de soutenir le retour de la paix, particulièrement dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Nous avons travaillé sur un budget qui regarde les questions de sécurité et de défense parce que nous devons vraiment travailler sur le retour de la paix dans notre pays et particulièrement à l’est du pays », a déclaré Judith Suminwa après le dépôt du texte.
L’exécutif prévoit également des mesures destinées à soutenir le pouvoir d’achat et la production locale, notamment à travers des investissements dans l’agriculture. La rémunération des agents et fonctionnaires de l’État figure également parmi les priorités, en lien avec les engagements pris dans le cadre des accords syndicaux.
Les infrastructures constituent un autre axe majeur du projet de budget. Les routes, les aéroports et les universités sont notamment ciblés par l’effort d’investissement public.
Le gouvernement mise sur une hausse des recettes
Pour financer ces ambitions, l’exécutif entend renforcer la mobilisation des recettes publiques. La digitalisation des services d’assiette, le suivi de la facture normalisée et de la TVA figurent parmi les leviers évoqués par la Première ministre. L’objectif est d’accroître les ressources effectivement mobilisées par l’État afin de rapprocher les recettes des besoins de financement du développement.
Cette stratégie place ainsi la mobilisation des recettes au même niveau d’enjeu que la progression des dépenses d’investissement, dans un contexte où l’exécution budgétaire constitue un défi majeur pour les finances publiques.
Élections, identification et dialogue national
Le projet de loi de finances 2027 intègre également plusieurs dépenses liées au calendrier politique et institutionnel. Des crédits sont prévus pour accompagner les élections ainsi que l’identification de la population.Le gouvernement a par ailleurs intégré dans ses prévisions budgétaires le dialogue national convoqué par le Président de la République.
« D’ailleurs, le dialogue national convoqué par le Président de la République a été pris en charge. Notamment aussi des crédits budgétaires pour les élections, pour l’identification de la population », a assuré Judith Suminwa.
Le budget 2027 est ainsi appelé à financer simultanément les priorités sécuritaires, les investissements publics, le soutien au pouvoir d’achat et plusieurs engagements institutionnels.
Place désormais à l’examen parlementaire
Accompagnée notamment des vice-Premiers ministres Daniel Mukoko Samba, chargé de l’Économie nationale, et Adolphe Muzito, chargé du Budget, ainsi que des ministres Guy Loando, Doudou Fwamba, Massamba Wa Massamba et Patrick Muyaya, Judith Suminwa a officiellement transmis les deux textes au Parlement.
Le dépôt du projet de loi de finances ouvre désormais la phase d’examen parlementaire.Les députés devront notamment se pencher sur les prévisions de recettes et de dépenses, les priorités d’investissement et les mécanismes de mobilisation des ressources.
La reddition des comptes de l’exercice 2025 permettra, de son côté, d’évaluer l’exécution effective du budget précédent et de comparer les prévisions aux réalisations.
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