La République démocratique du Congo devrait, pour la première fois, devancer Éthiopie en taille économique en 2026, d’après les projections du Fonds monétaire international.
L’institution anticipe un produit intérieur brut congolais de 123 milliards de dollars, contre 122 milliards pour l’économie éthiopienne, un écart mince mais suffisant pour modifier le classement régional.
Cette progression s’explique principalement par la forte exposition de la RDC aux marchés des métaux stratégiques. Premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur du cuivre, le pays bénéficie d’une conjoncture internationale favorable, soutenue par la demande liée à la transition énergétique.
À cela s’ajoute un facteur monétaire déterminant : l’appréciation du franc congolais face au dollar, qui renforce la valeur du PIB exprimé en devise américaine.
Ce double effet prix des matières premières et taux de change tire vers le haut les agrégats macroéconomiques.
Un dépassement avant tout nominal
Le changement de position entre les deux économies repose toutefois sur le PIB nominal, un indicateur sensible aux variations de change. Il ne reflète pas nécessairement une transformation structurelle profonde.
En parallèle, l’Éthiopie conserve une dynamique de croissance plus soutenue, avec une expansion attendue de 7,1 % en 2026. Cette performance repose notamment sur les investissements dans les infrastructures énergétiques et les réformes économiques engagées ces dernières années.
Une hiérarchie encore susceptible d’évoluer
Compte tenu de l’écart très réduit entre les deux pays, la hiérarchie reste fragile. Une fluctuation du franc congolais, un ralentissement de la production minière ou une variation des cours internationaux pourraient rapidement inverser la tendance.
Au-delà de cet indicateur, la priorité pour la RDC demeure la consolidation de ses fondamentaux économiques et la diversification de son modèle de croissance, encore largement dépendant du secteur extractif.
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