La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans la réforme de son secteur minier artisanal avec le lancement officiel de la première Zone d’exploitation artisanale (ZEA) pilote viable. Portée par le ministère des Mines, cette initiative marque le début d’une nouvelle approche visant à organiser l’exploitation artisanale dans un cadre légal et mieux contrôlé.
La cérémonie s’est tenue jeudi 16 juillet à Kasulo, dans la province du Lualaba. À cette occasion, plus de 5 000 exploitants miniers artisanaux ont été transférés vers la ZEA 786, un site spécialement aménagé pour accueillir leurs activités. Ces creuseurs exploitaient auparavant le site T17, situé dans le périmètre de Kamoto Copper Company (KCC), où leur présence alimentait des tensions récurrentes entre exploitation industrielle et artisanale.
Le lancement a été conduit par le Directeur général du Service d’assistance et d’encadrement des mines artisanales et à petite échelle (SAEMAPE), Jean-Paul Kapongo, représentant le ministre des Mines Louis Watum Kabamba. La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, ainsi que plusieurs autorités provinciales, services techniques et représentants des coopératives minières ont également pris part à l’événement.
À travers cette réforme, le gouvernement entend mieux encadrer les activités des exploitants artisanaux, améliorer la traçabilité de la production minière et intégrer davantage ce sous-secteur dans les circuits officiels de commercialisation.
L’objectif est également de réduire les conflits d’occupation des sites miniers, de renforcer la sécurité des travailleurs et d’accroître les recettes publiques issues de l’exploitation artisanale.
Cette première ZEA est conçue comme une expérience pilote. Les autorités espèrent qu’elle permettra de démontrer la viabilité d’un modèle conciliant les intérêts des exploitants artisanaux, de l’État et des sociétés minières industrielles. En cas de résultats concluants, le dispositif devrait être progressivement étendu à d’autres provinces minières du pays.
Le ministère des Mines considère cette initiative comme une étape importante dans la modernisation de la gouvernance du secteur extractif. En structurant progressivement l’exploitation artisanale, le gouvernement ambitionne de faire de cette activité un levier de développement local, tout en répondant aux exigences internationales en matière de traçabilité et de responsabilité dans la chaîne d’approvisionnement des minerais.
Rédaction



