L’Inspection générale des finances (IGF) affirme avoir identifié des irrégularités portant sur près de 9 000 milliards de francs congolais ainsi que plus de 33 millions de dollars américains dans les dépenses exécutées par plusieurs entreprises et établissements publics en République démocratique du Congo. Des chiffres qui relancent les inquiétudes autour de la gouvernance financière des structures publiques congolaises.
Ces données ont été présentées par Christophe Bitasimwa lors d’une évaluation du dispositif de contrôle assuré par les inspecteurs des finances déployés au sein des entités publiques. Selon l’IGF, les anomalies détectées concernent principalement les dépenses effectuées en francs congolais, où le taux d’irrégularités atteint 72,56 % des montants contrôlés, représentant près de 9 000 milliards CDF.
En devises étrangères, l’institution évoque également un niveau élevé d’anomalies. Les dépenses exécutées en dollars américains présentent un taux d’irrégularités de 12,38 %, soit environ 33 millions USD. Pour les opérations réalisées en euros, le taux atteint 25,6 %, pour un montant avoisinant 1 million EUR.
Selon l’IGF, ces irrégularités auraient pu conduire à des détournements de fonds publics en l’absence du contrôle permanent exercé par les inspecteurs des finances dans certaines structures de l’État.
« L’analyse des résultats globaux fait ressortir des taux d’irrégularités des dépenses qui auraient pu aboutir à des détournements sans la présence des inspecteurs des finances au sein de ces entités », a déclaré Christophe Bitasimwa.
Les anomalies relevées concerneraient notamment des dépenses engagées sans pièces justificatives suffisantes, des procédures budgétaires non respectées ainsi que des opérations financières jugées contraires aux règles comptables et administratives en vigueur.
Ces révélations interviennent alors que les entreprises publiques occupent une place stratégique dans l’économie congolaise, notamment dans les secteurs des mines, de l’énergie, des transports et des infrastructures. Depuis plusieurs années, leur gestion fait l’objet de critiques récurrentes de la part des institutions de contrôle, de la société civile et des partenaires internationaux de la RDC.
Pour plusieurs analystes des finances publiques, les montants avancés par l’IGF traduisent surtout des dysfonctionnements structurels persistants dans la gestion administrative et budgétaire des entreprises de l’État. Ils estiment que l’amélioration de la transparence financière demeure essentielle pour renforcer la crédibilité budgétaire du pays, préserver les engagements pris dans le cadre du programme avec le FMI et rassurer les investisseurs.
Dans un contexte marqué par les besoins croissants de financement des infrastructures et des politiques publiques, la question de la maîtrise des dépenses et du contrôle des fonds publics devient un enjeu central pour les autorités congolaises.
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