À Kinshasa, prendre un moyen de transport en commun relève souvent d’un véritable parcours du combattant. Dans une ville où les déplacements quotidiens sont marqués par les embouteillages, les longues distances et l’insuffisance de l’offre de transport, nombreux sont les passagers qui semblent privilégier une seule chose, arriver à destination, peu importe l’état du véhicule emprunté.
Dans certaines artères de la capitale, il n’est pas rare de voir circuler des véhicules dont l’état laisse à désiré. Carrosseries fortement endommagées, sièges dégradés, portes défectueuses ou encore véhicules manifestement vieillissants autant de situations auxquelles les usagers sont parfois contraint de s’adapter.
Pour de nombreux Kinois, le choix est souvent limité. Face à l’urgence d’arriver au travail, à l’université, à l’école ou à un rendez-vous, l’état du véhicule devient secondaire. L’essentiel est de trouver une place et de parvenir à destination.
Mais cette réalité soulève une question essentielle : qu’en est-il de la sécurité des passagers ?
Un véhicule destiné au transport en commun devrait normalement répondre à un minimum de normes techniques et de sécurité qui devraient faire l’objet d’un contrôle régulier afin de réduire les risques d’accidents.
La question est d’autant plus importante que les passagers n’ont généralement aucun moyen de vérifier eux-mêmes l’état mécanique du véhicule avant d’y monter. Ils font confiance au conducteur et au système de contrôle mis en place par les autorités.
Dans ce contexte, le débat sur le contrôle technique des véhicules prend tout son sens. Au-delà des frais imposés aux propriétaires, l’objectif premier devrait rester la protection des usagers et l’amélioration de la sécurité routière.
Kinshasa a besoin d’un système de transport en commun accessible, mais également sûr et digne pour ses habitants. L’urgence quotidienne de se déplacer ne devrait pas contraindre les citoyens à choisir entre arriver à destination et préserver leurs sécurité.
La question demeure donc entière : jusqu’où peut-on accepter la dégradation des véhicules de transport en commun au nom de la nécessité de se déplacer, et qui doit garantir la sécurité des millions de passagers kinois ?
Les autorités compétentes sont ainsi appelées à renforcer le contrôle technique des véhicules affectés au transport en commun. Celui-ci ne devrait pas être considéré comme une simple formalité administrative ou une occasion de percevoir des frais, mais comme une véritable procédure de sécurisation de la population. Chaque véhicule autorisé à transporter des passagers devrait répondre à des exigences techniques strictes afin de garantir la sécurité de tous les usagers.
Achille BOPE



