Le président de la République, Félix Tshisekedi, a demandé au gouvernement d’établir un état des lieux complet de tous les accords conclus entre la République démocratique du Congo et ses partenaires internationaux afin d’en évaluer le niveau réel de mise en œuvre et les bénéfices concrets pour l’économie nationale. Cette instruction a été donnée lors de la réunion du Conseil des ministres du 29 mai.
Elle intervient alors que le pays a multiplié ces dernières années les partenariats bilatéraux et multilatéraux dans des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, l’énergie, les mines, l’agriculture, le numérique, la santé ou encore les investissements.
Selon le compte rendu de la réunion, le chef de l’État estime que la signature d’accords internationaux ne peut constituer une finalité en soi. Ceux-ci doivent se traduire par des impacts mesurables sur la croissance économique, la création d’emplois, l’amélioration des services publics et les conditions de vie des populations.
Pour répondre à cette exigence, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a été chargée de coordonner un vaste exercice de recensement et d’évaluation des engagements internationaux du pays.
Chaque ministère devra transmettre un rapport détaillé sur les accords relevant de son portefeuille, qu’ils soient en phase d’exécution ou encore au stade préparatoire.
Les informations collectées permettront d’élaborer une matrice consolidée destinée à suivre l’évolution de chaque partenariat, les objectifs poursuivis, les résultats attendus, les difficultés rencontrées ainsi que les mesures correctives à envisager.
Le gouvernement dispose d’un délai de trente jours pour finaliser cet outil de pilotage, censé renforcer la coordination entre les administrations et améliorer le suivi des engagements pris par la RDC auprès de ses partenaires.
Des milliards de dollars d’engagements à évaluer
L’exercice revêt une importance particulière au regard des montants financiers et des enjeux économiques associés aux accords signés ces dernières années.
Parmi les principaux partenariats figure celui conclu avec Banque mondiale, portant sur près de 1,9 milliard de dollars destinés au financement de projets dans les infrastructures, l’énergie, les transports, la gouvernance, la résilience climatique et la transformation numérique.
La RDC bénéficie également d’un programme avec Fonds monétaire international comprenant une Facilité pour la résilience et la durabilité de plus d’un milliard de dollars destinée à accompagner les réformes climatiques et la gestion durable des ressources naturelles.
Dans le secteur industriel, le partenariat conclu avec Sino-Congo Special Zone prévoit la création d’une zone industrielle intégrée destinée à attirer des investissements dans les activités manufacturières, logistiques et agro-industrielles.
Les discussions engagées avec les Émirats arabes unis visent quant à elles à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars d’investissements à l’horizon 2030 dans les infrastructures, les mines et le commerce.
Dans le secteur extractif, les autorités congolaises se sont également engagées à améliorer la gouvernance du partenariat Sicomines, considéré comme l’un des piliers de la coopération économique entre Kinshasa et Pékin.
Enfin, l’accord signé avec les États-Unis sur les minerais stratégiques constitue l’un des projets les plus ambitieux. Il vise notamment à promouvoir la transformation locale du cobalt, du cuivre, du lithium et du coltan, à développer les infrastructures énergétiques et logistiques et à renforcer l’intégration de la RDC dans les chaînes de valeur mondiales liées à la transition énergétique.
À travers cet audit généralisé, les autorités congolaises cherchent désormais à vérifier si ces engagements se traduisent effectivement par des investissements, des infrastructures et des emplois, ou s’ils restent pour partie au stade des intentions et des promesses.
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