Les États-Unis s’apprêtent à revoir en profondeur leur dispositif de traitement des visas en Afrique, une décision qui pourrait compliquer les démarches de milliers de demandeurs à travers le continent.
Selon une information révélée par l’Associated Press (AP), l’administration américaine prévoit de réduire de 50 à 20 le nombre d’ambassades et de consulats africains habilités à traiter les demandes de visa. La mesure devrait être mise en œuvre dans les prochaines semaines, d’après une note interne citée par l’agence américaine.
Concrètement, les ressortissants des pays qui ne disposeront plus d’un centre de traitement complet devront se rendre dans un autre État africain pour déposer leur demande. Cette réorganisation risque d’alourdir les coûts de voyage, d’hébergement et de procédure pour de nombreux candidats aux visas, qu’il s’agisse d’étudiants, d’hommes d’affaires, de touristes ou de voyageurs familiaux.
Pour plusieurs observateurs, cette réforme pourrait accentuer les inégalités d’accès aux services consulaires américains entre les pays africains.
Les États retenus comme « hubs » régionaux devraient voir affluer un nombre croissant de demandeurs en provenance des pays voisins, avec le risque d’un allongement des délais de traitement.
Parmi les vingt représentations diplomatiques maintenues figurent notamment Abidjan, Accra, Dakar, Lagos, Nairobi, Johannesburg, Yaoundé et Kinshasa. Ces villes deviendraient les principaux points d’accès aux visas américains sur le continent.
Les ambassades exclues du nouveau dispositif ne fermeront pas leurs portes. Elles continueront d’assurer certains services consulaires, notamment les affaires liées aux citoyens américains, les urgences ou encore certaines prestations administratives spécifiques. Toutefois, elles ne traiteront plus les demandes de visa ordinaires.
Cette restructuration intervient dans un contexte de politique migratoire plus restrictive aux États-Unis. Depuis plusieurs années, Washington a multiplié les mesures visant à renforcer le contrôle de l’immigration et à limiter certaines voies d’entrée sur le territoire américain.
Au-delà de son impact administratif, cette décision pourrait avoir des conséquences économiques et sociales pour les Africains désireux de se rendre aux États-Unis.
Pour de nombreux demandeurs, l’obligation de voyager dans un autre pays avant même d’obtenir un rendez-vous consulaire représente une charge financière supplémentaire susceptible de décourager certains projets d’études, d’affaires ou de mobilité professionnelle.



