La centrale hydroélectrique de Ruzizi 1, située à Bukavu, dans le Sud-Kivu, voit sa production passer de 23 à 18 mégawatts (MW), soit une baisse de 5 MW. Dans un communiqué publié le 5 octobre 2026, la Société nationale d’électricité (SNEL) attribue cette diminution à la faiblesse du niveau d’eau et prévient d’éventuelles perturbations de la desserte électrique dans la ville et ses environs.
Selon la direction régionale de la SNEL, cité par le média Bankable, cette situation est liée à un « étiage très prononcé » observé depuis juin. L’évolution de la production dépendra notamment de l’amélioration du niveau d’eau, en particulier celui du lac, dont la remontée pourrait permettre à la centrale d’augmenter sa production.
La société n’a toutefois pas précisé la durée prévisible de ces perturbations ni publié de programme détaillé de délestage pour les zones concernées.
Des installations exposées aux aléas environnementaux
La baisse actuelle de la production intervient après un autre incident enregistré en septembre dernier. À la suite de fortes pluies à Bukavu, des déchets plastiques entraînés vers la rivière Ruzizi avaient obstrué la prise d’eau de la centrale.
Face à cette situation, la SNEL avait appelé la population à éviter de jeter des déchets dans les caniveaux, en raison des risques liés à leur transport par les eaux de ruissellement vers les installations hydroélectriques.
Ces incidents mettent en évidence les contraintes auxquelles la centrale est confrontée, entre les variations du niveau d’eau et les difficultés liées à l’entretien de ses ouvrages d’amenée.
Une réhabilitation annoncée dans le Compact énergétique
Au-delà des difficultés actuelles, Ruzizi 1 figure parmi les infrastructures concernées par un projet de réhabilitation inscrit dans le Compact énergétique de la République démocratique du Congo.
Le programme prévoit une intervention sur la période 2025-2027, soutenue par une subvention de 25 millions d’euros du gouvernement allemand. L’objectif annoncé est de moderniser la centrale afin d’améliorer la production et le transport de l’électricité. La capacité visée après réhabilitation est de 30 MW.
En février 2026, la SNEL avait également programmé une réduction temporaire de la production à 15 MW, du 10 au 17 février, pour permettre la réalisation d’études bathymétriques de la retenue de la rivière Ruzizi. Ces travaux préparatoires devaient contribuer à la préparation du projet de réhabilitation.
Pour Bukavu, la baisse de 23 à 18 MW réduit la puissance disponible à un moment où l’alimentation électrique reste soumise aux contraintes hydrologiques. Les éventuelles perturbations pourraient affecter les ménages, les commerces et les activités économiques dépendantes de l’électricité.
La remontée du niveau d’eau constitue ainsi un facteur déterminant pour l’évolution de la production à court terme, tandis que la réhabilitation annoncée représente une perspective de modernisation à plus long terme. Le calendrier détaillé d’exécution des travaux n’a pas été précisé dans les informations disponibles.
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