Alors que plusieurs pays africains consolident leur place dans l’économie mondiale de l’innovation, la République démocratique du Congo demeure en marge des grands écosystèmes technologiques du continent. Le dernier classement publié par le cabinet spécialisé StartupBlink confirme une nouvelle fois les difficultés du pays à transformer son potentiel numérique en véritable moteur de croissance.
Dans son rapport « Global Startup Ecosystem Index 2026 », rendu public le 19 mai, StartupBlink classe les écosystèmes de start-up les plus performants au monde sur base de plusieurs critères, notamment l’accès au financement, la qualité des infrastructures numériques, la présence d’incubateurs, la densité entrepreneuriale ou encore l’attractivité pour les investisseurs.
Cette année, treize pays africains figurent dans le Top 100 mondial. L’Afrique du Sud conserve la première place africaine avec un positionnement au 52e rang mondial, devant le Kenya et le Nigeria. Ces marchés continuent de bénéficier d’écosystèmes technologiques dynamiques, alimentés par des politiques d’innovation plus structurées, une forte présence d’investisseurs et des communautés entrepreneuriales déjà matures.
D’autres pays africains comme l’Égypte, la Tunisie, le Ghana ou encore le Sénégal poursuivent également leur progression dans le classement mondial, profitant de réformes ciblées et d’une meilleure structuration de leurs écosystèmes numériques.
À l’inverse, la RDC reste absente du classement mondial, malgré l’expansion progressive du numérique et l’émergence de jeunes initiatives technologiques, principalement à Kinshasa et Lubumbashi.
Cette absence illustre les nombreux défis qui freinent encore l’essor des start-up congolaises. Le manque de financements adaptés, la faiblesse des infrastructures numériques, le coût élevé de la connexion Internet, l’accès limité à l’électricité ainsi que l’insuffisance des mécanismes d’accompagnement des jeunes entreprises innovantes continuent de peser sur le secteur.
Le rapport met également en évidence la progression rapide de certains pays africains. La Tunisie affiche notamment une croissance de 36,6 % de son écosystème de start-up, tandis que le Nigeria, l’Ouganda et l’Afrique du Sud enregistrent eux aussi des hausses importantes. Des performances qui démontrent l’impact des politiques publiques favorables à l’innovation et de l’implication accrue du secteur privé dans le financement technologique.
Au niveau des villes africaines, seules Lagos et Le Caire apparaissent parmi les 100 villes les plus attractives au monde pour les start-up. Aucune ville congolaise n’y figure, signe du retard que le pays accuse encore dans la compétition numérique continentale.
Pour plusieurs analystes, la RDC dispose pourtant d’atouts importants, notamment une population jeune, un marché numérique en forte croissance et une adoption progressive des services digitaux. Mais sans réformes plus ambitieuses en matière d’environnement des affaires, d’investissement technologique et d’infrastructures, le pays risque de rester en retrait de la transformation numérique africaine en cours.
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