La République démocratique du Congo poursuit la réforme de son secteur électrique avec l’élaboration d’une nouvelle méthodologie tarifaire. Du 21 au 25 septembre à Kinshasa, l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE) et la Banque africaine de développement (BAD) ont réuni les principaux acteurs du secteur pour examiner les bases d’un nouveau cadre tarifaire.
Organisé dans le cadre du Programme d’assistance technique au secteur de l’énergie en Afrique (AESTAP), l’atelier a rassemblé le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, l’ARE, la Société nationale d’électricité (SNEL), des opérateurs privés ainsi que plusieurs institutions publiques.
Les travaux se sont concentrés sur trois axes : l’évaluation du coût du service de l’électricité, l’harmonisation de la méthodologie tarifaire et l’amélioration du cadre réglementaire applicable au raccordement au réseau.
Mieux maîtriser les coûts du secteur
L’étude tarifaire réalisée sur le périmètre de la SNEL doit permettre au régulateur de disposer d’outils pour mieux analyser les coûts de production et de fourniture d’électricité, l’évolution de la demande ainsi que les besoins de revenus des opérateurs.
L’objectif est notamment de parvenir progressivement à une structure tarifaire plus transparente et équitable, capable de prendre en compte à la fois les impératifs économiques des opérateurs et les capacités des consommateurs.
Pour Soraya Aziz-Moto, directrice générale de l’ARE, cette étude doit renforcer la capacité du régulateur à anticiper les effets des décisions tarifaires et à assurer un meilleur équilibre du secteur.
« Cette étude nous fournit des outils essentiels pour mieux comprendre les coûts du secteur, l’évolution de la demande et les effets des choix tarifaires », a-t-elle déclaré.
Un enjeu pour les investissements privés
Au-delà de la question des tarifs, la réforme vise également à améliorer la viabilité financière du secteur et à créer un environnement plus prévisible pour les investisseurs.
La BAD considère en effet qu’une régulation économique plus efficace constitue l’un des leviers nécessaires pour mobiliser les capitaux indispensables au développement des infrastructures électriques en RDC.
« Une régulation économique efficace constitue une base essentielle pour attirer les investissements, renforcer la viabilité du secteur et améliorer la qualité des services électriques », a souligné Callixte Kambanda, responsable de la division des Politiques, de la Régulation et des Statistiques de l’énergie à la BAD.
Selon Cherif Mohamed, représentant de la BAD en RDC, les travaux doivent contribuer à renforcer la viabilité financière du secteur et à favoriser les investissements nécessaires à l’extension de l’accès à l’électricité.
Les discussions doivent notamment aboutir à la finalisation des principes liés au coût du service, à la structuration tarifaire applicable à la SNEL et aux mini-réseaux, ainsi qu’à certains aspects du code de raccordement au réseau.
Les conclusions de l’atelier devraient servir de base aux prochaines étapes de la réforme réglementaire du secteur électrique, dans un contexte où la RDC cherche à accroître l’accès à l’électricité tout en améliorant les conditions de financement et d’investissement dans les infrastructures énergétiques.
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