La République démocratique du Congo intensifie son offensive diplomatique aux Nations Unies en plaidant pour la mise en place d’un cadre normatif international plus cohérent afin de lutter contre l’exploitation illicite des ressources naturelles, un phénomène que Kinshasa considère comme un moteur des conflits armés et de l’instabilité.
Dans cette perspective, la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, présidera le 13 juillet, au siège des Nations Unies à New York, une réunion consacrée aux « lacunes normatives liant ressources naturelles et paix : fondements et perspectives ». Cette rencontre constitue une étape préparatoire au débat de haut niveau du Conseil de sécurité prévu le 22 juillet sous la présidence du chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Selon les Nations Unies, cette session réunira les États membres, des organisations régionales, des agences onusiennes, des représentants de la société civile, du monde académique ainsi que du secteur privé afin d’examiner les mécanismes existants de gouvernance des ressources naturelles.
À travers une note conceptuelle, la RDC rappelle que les minéraux critiques occupent désormais une place stratégique dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, en raison de leur importance pour la transition énergétique, les technologies numériques et la sécurité économique. Face à une demande mondiale appelée à presque tripler d’ici 2030, Kinshasa estime indispensable de renforcer les règles internationales encadrant leur exploitation.
Le gouvernement congolais soutient toutefois que les dispositifs actuels, tels que le Processus de Kimberley, l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) ou encore le Guide de diligence raisonnable de l’OCDE, restent dispersés et insuffisamment coordonnés pour répondre efficacement aux défis liés au trafic illicite des ressources.
Pour Kinshasa, cette exploitation illégale continue d’alimenter les groupes armés, de prolonger les conflits, d’affaiblir les institutions publiques et de priver les populations des bénéfices tirés de leurs richesses naturelles.
À travers cette initiative, la RDC souhaite ouvrir un débat sur l’élaboration d’un cadre normatif international plus harmonisé, capable de renforcer la gouvernance des ressources naturelles, de consolider la paix et la sécurité, tout en favorisant un développement durable et plus équitable.
Les conclusions de cette réunion devraient servir de base aux discussions du Conseil de sécurité prévues le 22 juillet, au cours desquelles la RDC entend inscrire durablement la question de la gouvernance des ressources naturelles parmi les priorités de l’agenda international.
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