Mise en cause dans un article consacré à son arrivée sur le marché des jeux d’argent en République démocratique du Congo (RDC), Sharp Vision apporte des précisions sur son rôle, son cadre contractuel avec les autorités congolaises ainsi que sur les références faites à ses activités en Afrique.
Sharp Vision affirme intervenir en RDC exclusivement en qualité de prestataire technologique auprès des autorités publiques. L’entreprise française explique fournir des solutions de supervision destinées à permettre aux autorités compétentes de suivre les opérateurs agréés, de détecter les activités illégales, de renforcer la traçabilité des flux financiers et de contribuer à la protection des joueurs.
Dans son droit de réponse, l’entreprise précise qu’elle n’est ni opérateur de jeux, ni autorité de régulation, ni organe de décision publique. Elle affirme notamment ne pas définir les politiques publiques, ne pas fixer les règles du marché, ne pas délivrer de licences et ne prendre aucune décision réglementaire, fiscale ou coercitive.
Une communication qui ne constituerait pas une décision publique
Sharp Vision revient également sur sa communication du 17 juin concernant sa collaboration avec le ministère congolais des Finances.
L’entreprise soutient que cette communication ne constituait pas une annonce de décision gouvernementale concernant la réforme du secteur des jeux. Elle affirme que son cadre contractuel avec le ministère des Finances est distinct des discussions institutionnelles et législatives relatives à l’organisation future du secteur.
Selon Sharp Vision, les décisions concernant la réglementation, l’organisation du marché et les éventuels arbitrages institutionnels relèvent exclusivement des autorités publiques congolaises compétentes.
L’article à l’origine du droit de réponse avait notamment relevé que cette communication intervenait alors que la réforme du secteur des jeux était encore en discussion.
Sharp Vision affirme avoir été sélectionnée par appel d’offres
Sur les conditions de son arrivée en RDC, l’entreprise indique avoir été retenue à l’issue d’une procédure formelle et concurrentielle d’appel d’offres conduite par le ministère des Finances.
Sharp Vision précise que le choix du mode de passation, les critères d’attribution, le calendrier et les modalités contractuelles relèvent de l’autorité adjudicatrice.
L’entreprise entend ainsi distinguer son rôle de prestataire de celui de l’administration, qui reste responsable des procédures de passation et des décisions relatives à la régulation du secteur.
« L’État définit la politique publique »
Sharp Vision conteste par ailleurs toute interprétation selon laquelle le recours à ses solutions technologiques conduirait à transférer le pouvoir de régulation à une entreprise privée.
Elle affirme que ses plateformes permettent uniquement de consolider et de traiter des informations utiles à la supervision du marché. Selon l’entreprise, les autorités publiques conservent la maîtrise des règles, des accès aux données, des décisions réglementaires et des éventuelles sanctions.
« L’État définit la politique publique. Le régulateur demeure le seul décideur. Sharp Vision fournit une infrastructure technologique », soutient-elle dans son droit de réponse.
Les données resteraient sous le contrôle des autorités
La question du contrôle des données constituait également l’un des points soulevés dans l’article initial. Celui-ci s’interrogeait notamment sur la propriété, le stockage et l’utilisation éventuelle des données issues de la supervision du marché des jeux.
Sur ce point, Sharp Vision affirme que les données collectées dans le cadre de ses plateformes de supervision restent la propriété exclusive des autorités nationales concernées.
L’entreprise assure ne pas acquérir, commercialiser ou réutiliser ces données. Elle indique également que les accès sont encadrés et limités aux besoins opérationnels définis par les autorités publiques.
Sharp Vision affirme par ailleurs intégrer à ses solutions des mécanismes de contrôle des accès, de journalisation, de traçabilité et d’auditabilité. Elle cite notamment la norme ISO/IEC 27001 ainsi que la certification GLI-19 de Gaming Laboratories International.
Sharp Vision dément toute implication dans le contrat ivoirien évoqué
L’entreprise conteste également les informations relatives à un partenariat en Côte d’Ivoire mentionnées dans l’article initial.
Celui-ci faisait état d’un partenariat entre Afitech et Sharp Vision, avec une rémunération présentée comme équivalente à 4 % des dépôts et 2 % des retraits des parieurs ivoiriens.
Sharp Vision affirme que ces informations ne peuvent lui être attribuées. Elle indique ne disposer d’aucun contrat en cours dans le secteur des jeux en Côte d’Ivoire, ne pas être liée à Afitech dans ce pays et ne pas intervenir dans le dispositif de contrôle et de suivi évoqué.
L’entreprise précise ainsi que les montants, la durée contractuelle et les modalités de rémunération mentionnés dans l’article ne concernent pas Sharp Vision.
Le cas du Sénégal également contesté
Sharp Vision rejette aussi l’association faite dans l’article entre ses activités et les controverses relatives au secteur des jeux au Sénégal, notamment autour de l’ancien directeur général de la LONASE, Lat Diop.
L’article initial associait l’entreprise à cet écosystème et évoquait des interrogations sur certains contrats et prestations.
Dans son droit de réponse, Sharp Vision précise que les contrats évoqués au Sénégal ont été conclus avec Afitech et qu’elle intervient, pour sa part, comme fournisseur technologique.
L’entreprise affirme ne pas être partie prenante des décisions prises par les autorités sénégalaises et conteste donc que les controverses ou procédures visant d’autres personnes ou structures puissent lui être imputées.
Une séparation des responsabilités revendiquée
À travers son droit de réponse, Sharp Vision insiste ainsi sur une séparation entre les responsabilités de l’État, du régulateur et du prestataire technologique.
L’entreprise affirme que les États définissent leurs politiques publiques, que les autorités compétentes conduisent les procédures et que les régulateurs prennent les décisions relatives au marché. Sharp Vision se présente, pour sa part, comme un fournisseur d’infrastructures et de solutions technologiques.
Elle estime dès lors que présenter une infrastructure de supervision comme une prise de contrôle privée du marché reviendrait à confondre les fonctions technologiques avec les prérogatives de régulation.
La société affirme enfin que ses solutions visent à renforcer la supervision des marchés réglementés, à lutter contre les activités illégales, à améliorer la traçabilité des flux financiers, à protéger les joueurs et à sécuriser les recettes publiques.
Alors que la réforme du secteur des jeux reste au centre des discussions institutionnelles en RDC, Sharp Vision entend ainsi clarifier la nature de son intervention et réaffirmer que les décisions relatives à la politique publique et à la régulation demeurent du ressort des autorités congolaises.



